21 août 2017

23 février 1994 [Abbé Franz Schmidberger, Supérieur général - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs (n°46)] "Afin de vous donner un aperçu du développement de l’apostolat..."

SOURCE - Abbé Franz Schmidberger, Supérieur général - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs (n°46) - 23 février 1994

Chers amis et bienfaiteurs,

Personne ne sait combien de temps nous pourrons travailler dans les pays de l’Europe de l’Est. D’une part, en effet, les anciens fonctionnaires sont toujours au pouvoir, même si c’est sous un nouveau drapeau ! D’autre part, le communisme célèbre son retour officiel par le moyen d’élections libres comme en Lituanie et en Pologne. Cependant, tant que les portes nous sont ouvertes et que les âmes nous appellent au secours, nous ne pouvons pas fermer notre cœur. La parole du Seigneur : « Je dois accomplir les œuvres de Celui qui m’a envoyé tant qu’il fait jour, parce qu’il y aura la nuit où personne ne peut plus œuvrer » (Jn.9, 4) ne vaut-elle pas justement pour cette situation ? Et c’est ainsi que, fin octobre 1993, nous avons organisé ce grand convoi de secours en faveur des catholiques nécessiteux du nord de l’Albanie qui sera, si Dieu le veut, le premier pas d’un travail apostolique parmi ces hommes trahis de tous côtés.

Afin de vous donner un aperçu du développement de l’apostolat dans les autres pays de la même région, voici quelques témoignages pris sur le vif. Et d’abord un extrait de la lettre d’un de nos Frères qui a accompagné les abbés Mura et Esposito durant les vacances de Noël dans leur voyage en Biélorussie.
6 janvier 1994 
Monsieur le Supérieur général. 
Permettez-moi de vous faire part de quelques pensées et impressions concernant le dernier voyage en Biélorussie. 
Le voyage s’est passé de façon tout à fait normale et il n’y a rien de spécial à mentionner… La providence a fait de telle sorte que les gens nous sont restés fidèles… Les retraitants de Pâques nous ont presque tous rencontrés, et plusieurs pour des entretiens personnels. C’était très important et c’est le signe d’une grande sincérité et fidélité. En outre, le chœur de Mlle T. a chanté pour la première fois une messe en grégorien, « la première messe grégorienne en Biélorussie ». Et il n’est pas exagéré de dire : « mieux qu’au séminaire ! » II faut ajouter que c’est la messe de Pâques que la chorale a commencé à apprendre, mais cela a certainement plu à l’Enfant-Jésus. 
E., l’un des baptisés de Pâques, a fait baptiser ses deux enfants ; sa femme suivra lors du prochain voyage. Professeur de musique, pianiste et maintenant catholique convaincu, il veut se charger de l’organisation des Exercices de Saint-Ignace. Nous n’avons qu’à indiquer le lieu et les dates, il amènera les gens. Un tel zèle et un tel dévouement seraient souhaitables chez nous, à l’Ouest. 
Les gens évidemment ont besoin de pratique, de catéchisme, etc., mais nous sommes là et ils comptent sur nous …. La grâce et la providence de Dieu sont vraiment divines ! … L’abbé Esposito a été très impressionné ; il doit maintenant se mettre à étudier le russe énergiquement, car il est absolument nécessaire de pouvoir s’exprimer de manière concrète et correcte. Les fidèles l’aiment bien… 
Peut-être ai-je été parfois trop catégorique dans mes affirmations mais vous comprenez, Monsieur le Supérieur général, ce que j’ai voulu dire. 
Votre tout dévoué, Frère Y.
Comme deuxième témoignage, la lettre d’un de nos confrères :
Jaidhof (Vienne), le 10 janvier 1994 
Monsieur le Supérieur général, 
Laudetur Jesus Christus ! 
Ces quelques lignes pour vous informer du séjour d’un groupe de fidèles de Z. qui est passé par Jaidhof les 7, 8 et 9 janvier. Le groupe était composé de M. N. qui est le chef du “prieuré de St Josaphat” de Z., d’un professeur d’Histoire de l’Eglise à l’université de Z., d’une étudiante en grec, d’un vice-recteur de collège et de son épouse, musicienne. Ils m’ont bien expliqué la situation religieuse dans leur pays. Elle est vraiment déplorable, non seulement parce qu’il n’y a presque pas de prêtres, mais surtout parce que la formation religieuse des prêtres elle-même est mauvaise et déficiente. Actuellement, leur pays est la proie des protestants et des orthodoxes, et le peu de clergé n’a évidemment pas le niveau pour affronter cette nouvelle vague d’hérésie après le communisme. 
Pour remédier à la crise du clergé, ils voudraient que nous coopérions avec eux dans la formation d’un séminaire pour de jeunes lévites (ils ont déjà près de dix vocations), qui pourrait être placé dans une belle propriété près de N. En fait, ils veulent que nous assurions ou la formation religieuse, ou même l’enseignement théologique ou philosophique de ces jeunes, qui ne trouvent pas de bons professeurs ni de bons séminaires. Ils ont aussi le soutien d’un évêque et de quelques prêtres. Ils n’ont demandé aucune sorte d’aide matérielle, ce qui est remarquable pour des gens de l’Est… 
J’ai invité le professeur d’université à venir nous visiter à Zaitzkofen ou à Ecône, pour lui faire connaître le fonctionnement de nos séminaires. Ils m’ont invité pour les prochains jours à Z. pour parler de la Fraternité aux étudiants et pour prendre plus de contacts.
Et voici un troisième témoignage, une lettre en provenance de l’un des Pays Baltes :
Jeudi, 20 janvier 1994 
Cher Monsieur l’abbé Schmidberger, 
Permettez-moi de me présenter moi-même. Mon nom est (…). J’écris cette lettre au nom d’un petit groupe de jeunes gens âgés pour la plupart entre 21 et 26 ans qui sont intéressés pour préserver la tradition catholique. Nous avons entendu beaucoup parler de vos activités et des activités du glorieux archevêque Marcel Lefebvre. La Fraternité Saint-Pie X accomplit un travail très important et nous aimerions y participer dans l’avenir. Je comprends tout à fait que vous soyez très occupé, M. l’abbé, vous devez l’être. Ici les fruits de Vatican II sont juste en train de devenir évidents : des tables au lieu d’autels, la sainte communion est donnée aux gens debout au lieu de l’être à genoux, etc. En général, les adeptes du modernisme sont moins forts ici qu’à l’Ouest, naturellement. Tout bien considéré, nous pensons qu’il n’est pas trop tôt pour chercher la possibilité d’avoir ici la messe de toujours, au début peut-être une fois par an. D’autre part, je dois admettre que fort peu nombreux sont ceux qui sont intéressés par la tradition pour l’instant (entre dix et quinze personnes), mais “le Christ a commencé avec douze ; aussi n’avons nous pas à avoir honte d’être si peu”, comme disait Mgr Lefebvre. J’espère donc que ce ne sera pas un obstacle. Pouvons-nous donc espérer la visite d’un prêtre de la tradition cette année à X. ? Si oui, que pouvons-nous faire pour rendre cette visite possible ? Je serais très reconnaissant de votre réponse. 
Que Dieu vous bénisse, M. l’abbé, et votre mission. Votre (…). 
Chers amis,

Le Chapitre général qui doit avoir lieu du 11 au 13 juillet à Ecône auprès du tombeau de Mgr Lefebvre, pour l’élection du Supérieur général et de ses deux Assistants, sera de la plus grande importance pour notre Fraternité et même pour toute la famille de la tradition. A la longue, nous devons réussir à remettre en vigueur à Rome et dans les évêchés la saine doctrine, le vrai saint Sacrifice de la messe et la juste attitude catholique envers le monde et ses erreurs. Les funestes congrès religieux qui mènent fatalement le clergé et le peuple fidèle à l’indifférence religieuse doivent trouver une fin. Au lieu de cela, il faut que les adeptes des fausses religions entendent un appel à la conversion et au baptême, que les hérétiques et les schismatiques reçoivent la monition d’avoir à rentrer dans le giron de la sainte Eglise.

La reconstruction commence avec des familles nombreuses, catholiques, saines qui se rassemblent autour des autels, qui vivent de la grâce du saint Sacrifice de la messe, qui transforment leur foyer en un petit sanctuaire où l’on adore Notre-Seigneur et où l’on invoque quotidiennement Sa très sainte Mère par le Rosaire ; d’où est banni tout ce qui est contraire à la vertu chrétienne, particulièrement cette source empoisonnée qu’est la télévision, et où à sa place règnent la charité, la joie, la paix, fruits du Saint-Esprit. C’est dans un tel milieu que croissent les personnalités chrétiennes viriles, que se développent des âmes ardentes et apostoliques ; plus d’affection maternelle à l’intérieur, plus de virilité masculine à l’extérieur : voilà ce dont on a besoin ! Il nous faut des pères et des mères catholiques, des hommes et des femmes catholiques.

Que ces pères de famille cherchent ensuite à remplir des fonctions dans la politique de la cité afin d’obtenir de Notre-Seigneur son retour sur son trône royal dans la vie publique après qu’il y sera revenu dans la famille.

Joignez-vous donc à notre neuvaine de prières du 2 au 10 juillet. Nous invitons aussi les fidèles de nos prieurés et chapelles à une journée de jeûne et d’abstinence dans la même intention le 9 juillet ; et que les malades offrent leurs souffrances et leurs douleurs, les mourants leur vie en union avec la Victime eucharistique pour la sauvegarde et la propagation de la foi, pour la fin de la destruction du lieu saint, pour la sanctification des prêtres qui, dans ce monde sans Dieu, plein d’immoralité et d’infidélité, sont exposés quotidiennement à mille dangers et aux pires tentations. « Nul n’a un amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ses amis » dit le divin Maître (Jn 15, 13).

De notre côté, nous n’avons qu’un seul désir : que ce Chapitre général soit, dans sa préparation, dans son déroulement, dans ses décisions et leur application, un acte de la profonde adoration de Dieu Trinité, une glorification de Jésus-Christ, Souverain prêtre et Victime, Roi d’amour sur toute la société humaine ; qu’il soit à l’honneur de la très sainte Mère de Dieu, médiatrice de toutes les grâces, à la gloire de la sainte Eglise catholique et romaine une grande bénédiction pour les âmes.

Menzingen, le 23 février 1994, mercredi des Quatre-Temps de Carême.

Abbé Franz Schmidberger

Supérieur général

11 octobre 1995 [Mgr Bernard Fellay, Supérieur général - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs (n°49)] "vingt-cinq ans d'existence de la Fraternité"

SOURCE - Mgr Bernard Fellay, Supérieur général - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs (n°49) - 11 octobre 1995

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Comment ne pas rappeler, à la veille de l'anniversaire des vingt-cinq ans d'existence de la Fraternité, ce jour de grâce où Monseigneur Lefebvre revenait de l'évêché de Fribourg ayant en ses mains le document de l'érection de notre Fraternité Saint Pie X !

Depuis plusieurs années déjà, Monseigneur Lefebvre avait eu, avec une finesse de perception extraordinaire, la compréhension de ce qui était en train d'arriver à l'Église : une crise qui, sous Pie XII, couvait, grondait, allait éclater au grand jour, ce qui arriva avec le concile Vatican II. Dans cette crise, ce qui frappait Monseigneur, était surtout la décadence de l'esprit sacerdotal et en même temps la compréhension que notre Mère, la sainte Église, ne se relèverait de cette épreuve que par et dans la sanctification du Sacerdoce : « Comment réaliser ce qui m'apparaissait alors comme la seule solution de renouveau de l'Église et de la chrétienté ? C'était encore un rêve, mais dans lequel m'apparaissait déjà la nécessité non seulement de transmettre le sacerdoce authentique, non seulement la sana doctrina approuvée par l'Église, mais l'esprit profond et immuable du Sacerdoce catholique et de l'esprit chrétien lié essentiellement à la grande prière de Notre Seigneur qu'exprime éternellement son sacrifice de la Croix » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, préface).

Monseigneur avait saisi clairement – dans ce bouleversement qui ébranlait la maison de Dieu de la cave au grenier et qui, ouvrant tout grand les fenêtres, avait fait rentrer en tempête l'esprit du monde, l'esprit de nouveauté, l'esprit libéral, l'esprit de compromis – que la seule défense de la foi, de la morale, même et peut-être surtout d'une saine philosophie ne suffirait pas. Un raz de marée était en train de tout emporter, du principe de non-contradiction jusqu'à la foi au mystère de la Très Sainte Trinité : vent de folie, vent blasphémateur, vent de rebelles qui éclate aujourd'hui au grand jour dans des entreprises chimériques comme ce mirage de l'an 2000 ou dans ses actions anarchiques des "églises de base" en Autriche, en Allemagne.

Le seul moyen de relever l'Église, c'est le sacerdoce, le moyen de relever le sacerdoce, c'est la sainte Messe, le Sacrifice. Ainsi, à la petite congrégation qu'il fonde, Monseigneur assignera comme but «le sacerdoce et tout ce qui s'y rapporte, et rien que ce qui les concerne, c'est-à-dire tel que Notre Seigneur Jésus-Christ l'a voulu lorsqu'il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Orienter et réaliser la vie du prêtre vers ce qui est essentiellement sa raison d'être, le saint Sacrifice de la Messe, avec tout ce qu'il signifie, tout ce qui en découle, tout ce qui en est le complément (Statuts de la Fraternité, chap. III). Dieu vient au secours de son Église dans les temps difficiles, dans la tourmente, en suscitant la sainteté. Tous les siècles ont vu leurs héros qui ont communiqué à l'Église un nouvel élan de sainteté, de générosité, d'esprit missionnaire pour sauver les âmes, pour réformer les mœurs.

Or, toute la sainteté de l'Église découle, de par la volonté du divin Époux, de la sainte Messe : « Une connaissance théologique profonde du sacrifice de la Messe les convaincra toujours plus qu'en cette réalité sublime se réalise toute la révélation, le mystère de la foi, l'achèvement des mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, toute l'efficacité de l'apostolat » (cf. Mt. 1, 11), découlent toutes les grâces de salut, de rédemption, toute la gloire des Saints du ciel, toute la louange que l'Église élève vers la Très Sainte Trinité, toute la vie chrétienne de vertus, de patience dans les peines, de charité. De l'autel coule encore bien plus abondamment que du rocher de Moïse ce flot de victoire contre le démon et ses suppôts, ce flot de lumière pour les intelligences qui les conduit jusqu'à la soumission de la foi, ce flot d'amour divin désireux d'enflammer toutes les bonnes volontés. De la mort de Notre Seigneur renouvelée, représentée sacramentellement sur l'autel jaillit jusque dans l'éternité la vie pour toute l'Église, et même pour la société.

"Regnavit a ligno Deus" : Dieu a régné par la Croix. Ah, si les hommes savaient – embourbés dans les marasmes qu'ils se sont eux-mêmes fabriqués, prétendant établir un monde sans Dieu – s'ils comprenaient enfin que tant la prospérité des nations que la paix du monde ne vient que de ce Sacrifice terrible du Fils de Dieu fait homme, donné au monde, crucifié, mort, enseveli, pour nous et notre salut !

Il valait bien la peine de se battre pour défendre l'Arche de la Nouvelle Alliance, la sainte Messe; c'est d'elle, vraiment, que tout prêtre, toute l'Église doit attendre toute l'efficacité de l'apostolat, tout le bonheur du ciel, tous les biens temporels, pour autant qu'ils soient nécessaires ou utiles au salut.

Jamais nous ne pourrons suffisamment rendre grâce à Dieu de nous avoir fait vivre à cette époque, d'avoir été les témoins de deux évêques qui ont eu le courage de défendre à tout prix la raison d'être de leur sacerdoce plénier. Que ce qui se passe à l'autel se renouvelle aussi dans nos cœurs, accompagnant le Roi des rois dans sa mystérieuse conquête des âmes et des sociétés. Redoublons de prières et de sacrifices, unis à notre chef glorieux Notre Seigneur Jésus-Christ.

Chers fidèles, merci à vous qui avez rendu possible par votre générosité, le développement admirable de l'œuvre de la Fraternité.

Daigne Notre-Dame, à l'occasion de cet anniversaire, nous obtenir la grâce d'une fidélité sans faille à la foi de toujours, un amour indéfectible envers Dieu. Daigne Notre-Dame nous bénir de sa maternelle protection et faire croître cette œuvre totalement vouée au service de l'Église, jusqu'à ce qu'enfin soit réalisé pleinement le vœu ardent de David : « Levez-Vous, Seigneur, pour entrer dans votre repos, Vous et l'arche de votre sainteté; que vos prêtres soient revêtus de justice et que vos Saints tressaillent de joie » (Ps. 131, 8-9).

Le 11 octobre 1995
  
en la fête de la Maternité de la très sainte Vierge Marie
  
+ Bernard Fellay
  
Supérieur général

19 août 2017

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Pourquoi la Tradition ?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 19 août 2017

Pouvez-vous, s’il vous plaît, résumer le Concile ?
– L’homme remplace Dieu. Et voilà, c’est facile !
Une des vraies raisons pour laquelle la Fraternité Saint Pie X est en train de « perdre sa saveur » (cf. Mt. V, 13) vient de ce que toute une génération de catholiques Traditionnalistes grandissent sans savoir pourquoi ils sont Traditionnalistes. Or, un catholique voulant garder la foi, ne doit-il pas savoir pourquoi il doit suivre la Tradition ? Dans toute l’histoire de l’Église catholique, le Concile Vatican II a sans doute été le théâtre de la plus violente agression contre la Tradition. Il est donc fort utile d’examiner le résumé en dix points du nouvel enseignement de Vatican II que l’on trouve dans une encyclopédie moderniste (Harper Collins, 1995). Nous avons là, pour chaque point, un bon condensé des erreurs de Vativan II. Ci-après, voici en italique, les dix points modernistes, suivis de la trame succincte de leur réfutation.

1 En premier lieu, l’Église est un mystère ou un sacrement ; elle n’est pas, avant tout, une organisation ou une institution. « Mystère » et « sacrement » sont ici des termes délibérément vagues pour permettre de diluer la notion de structure de l’Église. Pourtant, Notre Seigneur n’a-t-il pas clairement institué Pierre afin qu’il dirige ses apôtres et ses disciples pour le salut des âmes ? Pierre est pape ; les épîtres de saint Paul indiquent bien que les apôtres deviennent évêques et que les disciples accèdent à la prêtrise.

2 L’Église est constituée de tout le peuple de Dieu, et pas seulement de sa hiérarchie, clergé et religieux. Bien sûr, l’Église catholique comprend tous les catholiques, laïcs comme prêtres, mais les prêtres en sont la colonne vertébrale, ou la structure.

3 La justice et la paix font partie intégrante de la mission de l’Église, qui ne saurait se limiter à la prédication de la Parole et à la célébration des sacrements. La doctrine et les sacrements sont les moyens fondamentaux par lesquels l’Église catholique a contribué, plus que n’importe quoi ou n’importe qui d’autre, à la justice et à la paix dans le monde.

4 L’Église englobe tous les chrétiens et ne se borne pas à la seule Église catholique. Les « chrétiens » non catholiques ne peuvent jamais être d’authentiques chrétiens, dans la mesure où, pour ne pas être catholiques, ils doivent rejeter une partie plus ou moins grande de ce que Notre-Seigneur a institué.

5 L’Église est une communion, ou un collège, d’églises locales, lesquelles ne sont pas simplement des divisions administratives de l’Église universelle. Le chaos régnant aujourd’hui dans les « églises locales » du monde entier, prouve éloquemment qu’elles doivent être universellement unies et administrées sous le gouvernement – sage – d’un Pape à Rome.

6 L’Église est une communauté eschatologique ; Elle n’est pas encore complètement le Royaume de Dieu. Partout où les âmes sont en état de grâce, Dieu est roi, non seulement dans le ciel, mais déjà ici-bas sur la terre.

7 L’apostolat des laïcs est une participation directe à l’apostolat de l’Église, et pas seulement une mission que la hiérarchie se chargerait de partager avec eux. De même que le corps humain a besoin à la fois du squelette et de la chair, de même le corps mystique de l’Église a besoin à la fois du clergé et des laïcs (cf. I Cor. XII). Les erreurs opposées (cléricalisme et laïcisme) proviennent de ce qu’on exagère le rôle de l’un ou de l’autre. L’Église a besoin des deux.

8 Il existe une hiérarchie des vérités ; tous les enseignements de l’Église ne sont pas équivalemment contraignants ou essentiels à l’intégrité de la foi catholique. Seules les vérités non dogmatiques peuvent être classées par ordre d’importance. En revanche, les dogmes catholiques sont tous au même rang absolu, parce que nier un seul d’entre eux revient à nier l’autorité de Dieu, soutien essentiel à tous les dogmes.

9 Dieu utilise d’autres églises chrétiennes, voire des religions non chrétiennes pour le salut de toute l’humanité ; l’Église catholique n’est pas le seul moyen de salut. À chaque homme vivant, Dieu offre des grâces suffisantes à son salut. Celles-ci peuvent bien venir à des hommes se trouvant dans des religions non chrétiennes ou dans des « églises » non catholiques, mais elles ne peuvent jamais venir autrement que par Jésus-Christ et par son unique Église catholique.

10 La dignité de la personne humaine et la liberté de l’acte de foi sont le fondement de la liberté religieuse pour tous. Cela réfute le principe que « l’erreur n’a pas de droits ». Le catholicisme étant la seule religion véritable, la seule vraie liberté religieuse est la liberté d’être catholique. L’erreur, en effet, n’a aucun droit.

Kyrie eleison. 

18 août 2017

[Riposte Catholique] Ordination pour la Fraternité Saint-Pierre au Nigéria

SOURCE - Riposte Catholique - 18 aout 2017

Le 15 août en la fête de l’Assomption, Mgr Gregory Ochiaga, évêque émérite d’Orlu (Nigéria), a ordonné prêtre l’abbé Charles Ike, FSSP au Sanctuaire de Nne Enyemaka de Umuaka. Il s’agit de la première ordination dans la forme extraordinaire depuis 50 ans au Nigéria.

17 août 2017

[FSSPX Actualités] Au cœur des Etats-Unis : un rameau franciscain plein de vie

SOURCE - FSSPX Actualités - 17 aout 2017

Jour de joie à Kansas City : plusieurs religieuses ont renouvelé leurs voeux ou sont entrées au noviciat des Soeurs Franciscaines du Christ-Roi, une communauté fidèle à la Règle de saint François et amie de la Fraternité Saint-Pie X, dont la mission est centrée sur l’enseignement.

Le 2 août est apprécié des fidèles depuis que saint François d’Assise - sur l’ordre du Christ - est allé convaincre le Successeur de Pierre de concéder à cette date et à tous les fidèles une indulgence plénière pour la rémission de la peine due à leurs péchés.

Ce jour de grâces et de miséricorde fut aussi l’occasion d’un événement important au sein de la congrégation des Soeurs Franciscaines du Christ-Roi de Kansas City : une religieuse, soeur Marie-Louise de la Visitation, a en effet prononcé ses voeux définitifs, tandis que quatre autres ont renouvelé leurs voeux temporaires et que trois postulantes ont pris l’habit et commencé leur noviciat. Signe du caractère sacré et joyeux de cette journée : une douzaine de prêtres et plus de deux cents fidèles ont assisté à la cérémonie.

C’est le Père Trevor Burfitt, ami de longue date du fondateur du monastère - le Père Eugène Heidt - qui a reçu au nom de l’Eglise les voeux des religieuses, et qui a célébré la messe en l’honneur de sainte Marie des Anges : rien n’est au hasard car c’est dans l’église d’Assise qui porte ce nom que le Poverello avait eu la vision de l’indulgence de la Portioncule.

Les Soeurs Franciscaines du Christ-Roi ont une vocation missionnaire tout particulièrement dirigée vers l’enseignement. Elles obéissent à la Règle du Tiers-Ordre Régulier de saint François telle qu’elle a été révisée et approuvée par le pape Pie XI en 1927.

Leur fondation remonte à l’an 2000, lorsque Soeur Herlinda McCarty et le Père Heidt - tous deux rappelés à Dieu depuis - ont conjugué leurs efforts afin de donner à l’Eglise un rameau fidèle à la règle de saint François, et qui oeuvre pour enseigner aux enfants le vrai, le beau et le bien.

Désormais basées dans l’état du Missouri, les religieuses font chaque jour la route pour donner des cours à la toute proche Académie Saint-Vincent-de-Paul. N’allez pas croire que l’été soit un mois de vacances pour ces franciscaines : sans relâche, elles font le tour des chapelles du pays afin d’encadrer des camps missionnaires destinés à des jeunes filles qui pour la plupart n’ont jamais rencontré de religieuses.

Pour contacter les soeurs :
Couvent du Christ-Roi
1409 E. Meyer Boulevard
Kansas City, MO 64131
United States of America