TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

22 mai 2017

[Paix Liturgique] Avec le Cardinal Sarah, la liturgie est en de bonnes mains

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 595 - 22 mai 2017

« Nous devons être reconnaissants au Pape François d’avoir placé un tel maître spirituel à la tête de la Congrégation qui est responsable de la célébration de la Liturgie dans l’Église. » Benoît XVI, Pape émérite
     
Touché par le dernier livre du cardinal Robert Sarah, La Force du silence (Fayard, 2016), le Pape émérite Benoît XVI a tenu à rédiger la préface à l'édition allemande qui sort chez fe-verlag à la fin du mois. La version anglaise de ce texte, qui fera désormais office de postface aux rééditions du livre dans les autres langues, a été diffusée la semaine dernière par le site de la revue conservatrice américaine First Things. Nous sommes heureux de publier cette semaine, la version française officielle de ce texte, préparée par les éditions Fayard, qui confirme, comme nous l'avions écrit dès le 3 décembre 2014 (voir notre lettre 467), l'excellence et la continuité du choix fait par le Pape François en matière liturgique.
     
Depuis que j’ai lu, dans les années 50, les épîtres de Saint Ignace d’Antioche, je suis resté particulièrement impressionné par un passage de sa Lettre aux Éphésiens : “Il est préférable de rester silencieux et d’être que de parler et de n’être pas. Il est beau d’enseigner si l’on fait que ce que l’on dit. Il n’y a qu’un seul Maître qui a dit et a fait, et les œuvres qu’il a faites dans le silence sont dignes du Père. Celui qui possède vraiment la Parole de Jésus peut entendre Son silence même, afin d’être parfait, afin d’œuvrer par Sa parole et être connu par le seul fait de rester dans le silence” (15, 1s.). 
Que signifie entendre le silence de Jésus et Le reconnaître à Son silence? Les Évangiles nous apprennent que Jésus a continuellement vécu les nuits, seul, “sur la montagne” à prier, en dialoguant avec Son Père. Nous savons que Son langage, Sa parole, provient de cette permanence dans le silence et que c’est seulement dans ce silence qu’elle pouvait donner du fruit. Il apparaît donc clairement que Sa parole ne peut être comprise de façon juste que si l’on pénètre dans Son silence même; on ne peut apprendre à l’écouter qu’en demeurant dans ce silence.
     
Certes, pour interpréter les paroles de Jésus, il est indispensable d’avoir une compétence historique qui nous apprend à comprendre le temps et le langage de Son époque. Mais, dans tous les cas, cela ne suffit pas pour saisir vraiment le message du Seigneur dans toute sa profondeur. Celui qui, de nos jours, lit les commentaires des Évangiles, devenus toujours plus volumineux, reste finalement déçu. Il apprend beaucoup de choses utiles sur le passé, et de nombreuses hypothèses, lesquelles ne facilitent en rien la compréhension du texte. À la fin, on a la sensation qu’il manque quelque chose d’essentiel à cette surabondance de mots : la nécessité d’entrer dans le silence de Jésus d’où sa Parole prend naissance. Si nous ne réussissons pas à entrer dans ce silence, nous n’écouterons Sa parole que de façon superficielle et, en conséquence, nous ne la comprendrons pas vraiment.
      
Toutes ces considérations ont de nouveau traversé mon âme à la lecture du nouveau livre du cardinal Robert Sarah. Il nous enseigne le silence : surtout à rester en silence avec Jésus, le vrai silence intérieur, et c’est justement ainsi qu’il nous aide à comprendre d’une façon nouvelle la parole du Seigneur. Naturellement, il ne nous parle que très peu ou pas de lui-même, mais, cependant, de temps en temps, il nous permet de jeter un regard sur sa vie intérieure. A Nicolas Diat qui lui demande : “Dans votre vie, vous est-il arrivé de penser que les mots deviennent trop ennuyeux, trop lourds, trop bruyants?”, il répond : “… Quand je prie et, dans ma vie intérieure, j’ai souvent ressenti l’exigence d’un silence plus profond et plus complet… Les jours passés dans le silence, dans la solitude et dans le jeûne absolu ont été d’une grande aide. Ils ont été une grâce incroyable, une lente purification, une rencontre personnelle avec Dieu… Les jours en silence, dans la solitude et le jeûne, avec la Parole de Dieu comme unique nourriture, permettent à l’homme d’orienter sa vie vers l’essentiel” (réponse n. 134, p. 156; édition française pp. 113-114). Dans ces lignes apparaît la source de vie du Cardinal qui confère à sa parole une profondeur intérieure. C’est là le fondement qui lui permet de reconnaître les dangers qui menacent de façon continuelle la vie spirituelle, et en particulier celle des prêtres et des évêques, touchant ainsi l’Église elle-même, dans laquelle, à la Parole, se substitue trop souvent un verbiage dans lequel se dissout la grandeur de la Parole. Je voudrais citer une seule phrase qui peut être à l’origine d’un examen de conscience pour tous les évêques : “Il peut arriver qu’un prêtre bon et pieux, une fois élevé à la dignité épiscopale, tombe rapidement dans la médiocrité et la préoccupation des choses temporelles. Succombant ainsi sous le poids des charges qui lui sont confiées, mû par le désir de plaire, préoccupé par son pouvoir, son autorité et les nécessités matérielles de sa fonction, il se délite peu à peu” (réponse n.15, p.19 ; édition française p. 39).
      
Le cardinal Sarah est un maître spirituel qui parle en se fondant sur une profonde intimité avec le Seigneur dans le silence; Par cette unité avec Lui, il a vraiment quelque chose à dire à chacun de nous.
      
Nous devons être reconnaissants au Pape François d’avoir placé un tel maître spirituel à la tête de la Congrégation qui est responsable de la célébration de la Liturgie dans l’Église. Pour la Liturgie, comme pour l’interprétation de l’Ecriture Sainte, il est nécessaire d’avoir une compétence spécifique. Il est également vrai que, dans le domaine de la liturgie, la connaissance du spécialiste peut, en fin de compte, ignorer l’essentiel, si elle n’est pas fondée sur l’union profonde et intérieure avec l’Église orante, qui apprend sans cesse de nouveau du Seigneur lui-même ce qu’est le culte. Avec le Cardinal, un maître du silence et de la prière intérieure, la Liturgie est en de bonnes mains.
     
Cité du Vatican, Semaine de Pâques 2017
Benoît XVI, Pape émérite

[Mgr R. Michael Schmitz, icrsp - Lettre à Nos Amis et Bienfaiteurs de la Province de France] Nos oblats au service du Sacerdoce catholique Editorial

SOURCE - Mgr R. Michael Schmitz, icrsp - Lettre à Nos Amis et Bienfaiteurs de la Province de France - mai 2017

Chers amis de l'Institut,

Par la grâce de Dieu, l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre peut se réjouir de beaucoup de vocations. Notre Séminaire international à Gricigliano est plein de jeunes hommes venant de France et du monde entier, qui ont trouvé dans la forme canoniale et communautaire de notre vie l'atmosphère connaturelle à leurs âmes de futurs prêtres. Ils se préparent avec l'aide de leurs supérieurs et professeurs à devenir chanoines, c'est-à-dire à consacrer leurs jeunes existences à Dieu par la liturgie solennelle de l'Office Divin et aux hommes de notre temps par la fidélité à la foi catholique toute entière. Les chanoines séculiers ont toujours constitué une tête de pont entre Dieu et le monde, justement par le fait de rendre accessible au milieu de la cité tous les mystères de Dieu dans leur forme la plus soignée. Depuis le début, sans faire ni ombre ni concurrence à la vocation de prêtre diocésain, les chanoines séculiers vivant en communauté ont attiré des vocations cherchant cette vie commune et, à leur place, ont pu contribuer à la grande culture catholique. Nous sommes heureux de pouvoir continuer cette tradition plus que millénaire et d'introduire nos jeunes dans cette vie typiquement canoniale entre liturgie et pastorale.

Pourtant, notre Institut ne se compose pas seulement de vocations sacerdotales. Tous connaissent désormais nos Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus Souverain Prêtre qui jouissent aussi de nombreuses jeunes vocations (sept postulantes cette année !). Une autre vocation importante pour notre vie canoniale qui attire également de plus en plus de jeunes hommes au service du Seigneur reste pour le moment trop peu connue en France : nos oblats, c'est-à-dire des jeunes hommes qui se sentent destinés à se consacrer au sacerdoce de Jésus Souverain Prêtre par une vie de prière liturgique avec les chanoines et par le service rendu au ministère sacerdotal dans notre Institut.

La vocation d'oblat dans l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre est née providentiellement. Peu de temps après la fondation de l'Institut, des jeunes hommes se sont présentés aux Supérieurs:sans avoir la vocation sacerdotale, ils voulaient rejoindre notre vie canoniale pour pouvoir servir Dieu et son Église. D'autres ont pu comprendre après quelques années au séminaire que c'était cette voie que le Seigneur avait choisie pour eux. Le nombre d'oblats a connu une croissance lente, mais continuelle, initialement en Allemagne et aux États-Unis, puis en France, de sorte qu'à l'heure actuelle ils constituent déjà plus de 10% des membres de notre Institut canonial. Les oblats participent pleinement à notre vie communautaire et liturgique, peuvent recevoir des ordres jusqu'au diaconat selon leur vocation spécifique, et aident le sacerdoce selon leurs différentes compétences professionnelles, par exemple comme instituteurs, catéchistes, intendants, sacristains, organistes, artistes, cérémoniaires, administrateurs ou dans une autre fonction qui convienne à leurs talents personnels.

Pour commencer leur période de formation de cinq ans qui se déroule dans une de nos maisons dans leur pays natal, ils doivent avoir 18 ans accomplis et avoir obtenu le Baccalauréat, un équivalent ou une formation professionnelle. Pendant leur formation, ils reçoivent des cours de latin et d'autres langues si nécessaire, de spiritualité, de liturgie, de théologie et d'autres instructions appropriées à leur vocation ainsi qu'une formation professionnelle si leur charge le demande. Leur participation à notre vie commune et leurs fonctions dans la liturgie contribuent à leur croissance humaine et spirituelle. Non seulement le Prieur de la maison, mais aussi un délégué du Prieur Général pour les oblats veillent que rien ne leur manque et que leur vocation se développe sans difficulté et joyeusement dans le service du Seigneur. Comme les séminaristes, ils sont toujours libres s'ils choisissaient une autre vocation. C'est « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rom 8,21) qui fait une bonne vocation, et cela vaut aussi pour nos oblats ! Dans cet esprit, ils revêtent la soutane après les premières années de formation et ils émettent une promesse conclusive à la fin de celles-ci.

Il est temps que cette belle vocation, pleinement incorporée dans notre Institut depuis longtemps, soit plus connue partout. Pendant mes voyages continuels pour notre Institut, je vois souvent des familles nombreuses avec beaucoup de garçons, ou d'autres jeunes hommes proches de la vie de l'Église. Tous n'ont pas la vocation, bien sûr, mais parmi ceux auxquels le Seigneur adresse sa voix pour qu'ils le suivent il y aura certainement, dans le présent comme dans le passé, ceux avec cette vocation particulière au service du Souverain Prêtre comme oblat. Il n'y a pas de crise de vocation puisque le Seigneur appelle toujours, mais il y a une crise de discernement des vocations puisque les vocations ne sont pas suffisamment encouragées quand elles ne sont pas empêchées. Encourageons donc toute vocation, pour le sacerdoce, pour l'oblature, pour la vie de sœur religieuse ! Certes, chaque vocation engendre un sacrifice, mais toute vocation pour Dieu suivie avec générosité procure un contentement que le monde ne donnera jamais. Dieu a toujours appelé pour différents services, n'empêchons-en aucun, et surtout pas par mondanité ! Aider une jeune âme à la découverte et à la poursuite de sa vocation en toute liberté est le plus grand service qu'on puisse lui rendre.

C'est l'un des buts centraux de notre Institut. Nous vous remercions de nous aider à la réalisation de ce but auquel sert notre Séminaire International à Gricigliano, la formation de nos oblats et le noviciat de nos sœurs. Votre soutien par la prière et votre générosité matérielle pour notre Province de France aidera aussi nos oblats en formation. Je vous remercie de tout cœur de tout ce que vous faites pour nous tous et je vous assure de mes prières fidèles à l'autel du Seigneur pour nos amis et bienfaiteurs.

Avec mes meilleurs vœux pour un temps pascal plein de grâce, je reste bien à vous in Christo Rege,

Mgr R. Michael Schmitz, Vicaire Général dans l'Institut, Provincial de France

N.B. : Dans cette lettre provinciale vous trouverez la bonne nouvelle d'une Confrérie de la Consolation pour les âmes du Purgatoire érigée dans la chapelle de la maison provinciale. S'il vous plaît, lisez attentivement ce que vous pouvez faire pour aider ces âmes qui ont tous besoin de nous !

[Anne Le Pape - Présent] «Que de grâces obtenues!» - Entretien avec l’abbé Loïc Duverger, responsable du pèlerinage de Tradition

SOURCE - Anne Le Pape - Abbé Loïc Duverger - Présent - 19 mai 2017

— Monsieur l’abbé, vous êtes cette année responsable du pèlerinage de tradition. Quel en est le thème?
— 2017 est le centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima. Tout naturellement, nous avons puisé dans le thème du pèlerinage dans son magnifique message : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge. »
Ce message si particulier de Marie doit être connu par tous les chrétiens. Trois jours de marche et de prière ne seront pas de trop pour apprendre à le connaître, à l’aimer, à le mettre en pratique. Cette dévotion essentielle doit être celle de tous les catholiques aujourd’hui, tellement sont extraordinaires les promesses qui y sont attachées : « A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut. Ces âmes seront chéries de Dieu. » Que demandez de plus dans le monde si incertain que nous traversons ?
— D’après le nombre d’inscriptions déjà enregistrées, pensez-vous que l’affluence sera particulièrement importante en cette année anniversaire des apparitions de Fatima?
— Nous souhaitons de tout cœur que les inscriptions soient de plus en plus nombreuses. La Fraternité Saint-Pie X organise en août prochain un grand pèlerinage à Fatima. Beaucoup de fidèles se préparent à y participer. Ce sera un rassemblement extraordinaire, nous pourrons en reparler.
Le pèlerinage de Chartres a une valeur particulière. Il est irremplaçable pour la survie de nos nations et leur retour à leur vocation chrétienne. Pensez donc : trois jours de marche, de prières et de sacrifices accomplis par des milliers de catholiques. Quelle belle supplication vers le Ciel et, en retour, que de grâces obtenues !
— Avez-vous l’impression que des pèlerins hésitants à vous rejoindre se décident à la suite des ouvertures faites par le Pape à votre endroit (confessions reconnues valides officiellement, par exemple)?
— Le pèlerinage est ouvert à tous. Les fidèles inquiets, encouragés par les ouvertures faites par le Pape à notre endroit, ne doivent pas hésiter à venir désaltérer leur âme aux sources pures de la Tradition catholique. Les âmes, étouffées par le matérialisme ambiant, y trouveront la vie surnaturelle qui seule apporte la paix et la joie. Le pèlerinage reste l’occasion privilégiée d’en voir les effets et d’en goûter les bienfaits.
— Partir en pèlerinage, prier pour la France n’est-il pas particulièrement important cette année?
— Il faut le répéter, en matière politique, malgré les efforts de beaucoup et de beaux succès, il n’y aura de victoire totale et durable que si la France revient à sa vocation de nation catholique, fille aînée de l’Eglise. Malheureusement, beaucoup n’y croient pas et usent leur force pour des réussites qui seront sans lendemain. Les gens de bien combattent et souvent avec une belle ardeur, mais c’est Dieu qui donne la victoire. Et cette victoire, Dieu la donne aux peuples qui savent se mettre à genoux et le supplier par des sacrifices et des prières publiques. Le pèlerinage de Tradition est une des plus belles supplications publiques. Nous sommes certains qu’il est à la source du courage, de la force et, à l’heure de Dieu, de la victoire de ceux qui combattent pour le règne du Christ qui aime les Francs.
Propos recueillis par Anne Le Pape

[Pierre Saint-Servant - Présent] «Vous n’êtes pas seul» - Entretien avec l’abbé Alexis Garnier, aumônier du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté

SOURCE - Pierre Saint-Servant - Abbé Alexis Garnier - Présent - 19 mai 2017

— Pour cette nouvelle édition, le thème du pèlerinage met à l’honneur la Sainte Vierge, avec toujours cette ligne directrice de rappeler les fondamentaux de la foi ?
— Effectivement. La Sainte Vierge est à l’honneur, pour plusieurs raisons. D’abord, ce pèlerinage est marial ; il est né au Mesnil Saint-Loup, sous l’égide de Notre-Dame de la Sainte Espérance, et il conduit à Chartres, reliquaire du voile de la Vierge. « De votre nom des villes à votre nom des champs », disait Péguy en une belle formule. Son fil est le chapelet qui porte la prière des pèlerins. Beaucoup se consacrent à Marie le dimanche soir (plus de 600 cette année). De plus, nous vivons le centenaire des apparitions de Fatima. Nous avons aussi choisi de méditer sur l’invocation « Sainte Marie, Mère de Dieu ».
— Nous sortons d’une période électorale fébrile, qui a démontré que la crise spirituelle s’aggrave. Que viennent chercher les marcheurs durant ces trois jours ?
— Plus que jamais se vérifie l’alternative lapidaire formulée par le cardinal Sarah ; « Dieu, ou rien ». Et le « rien », c’est la tentative d’effacer les derniers fondements de la loi naturelle. Effrayante conséquence et prolongement moderne du « vous serez comme des dieux », inspiré par l’ange révolté. Alors, les pèlerins de Chartres viennent d’abord pour répondre à l’appel de Dieu. Un « fiat », un oui à la voix du Créateur, au milieu de bien des « non serviam », des négations et des refus de Dieu. Ils viennent prier, se détacher, s’entraider sur la route de Chartres. Ils viennent adorer, à l’école de la liturgie traditionnelle, (re)découverte lors des grand-messes de chaque jour. Ils viennent s’agenouiller… pour mieux se relever et rester debout dans les difficultés. Cet acte de prière, de pénitence, de foi et de charité les fortifie. Il permet de prendre et tenir des engagements au service de l’Eglise et de la Cité. Il élève et consolide les liens de famille, de communauté. Le pèlerinage redit à chacun de nous : « Vous n’êtes pas seul ! »
— Le pèlerinage est vigoureux, les jeunes générations s’y pressent nombreuses et s’y succèdent. Péguy parlait de « ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte », c’est donc cette relève qui vient « se taire » quelques jours pour mieux faire entendre la voix catholique ?
— Nous ne faisons pas de « jeunisme ». Nous devons beaucoup aux anciens, qui ont suscité cette belle œuvre. D’une main, nous voulons recevoir avec reconnaissance cet héritage de la Tradition catholique et française, de l’autre nous voulons y apporter notre contribution ; nos talents, nos forces mises au service du vrai, du bien, du beau. Et il y a une jeune génération qui se lève avec courage, effectivement. C’est un signe d’espérance face aux attaques que l’Eglise et la France ont à endurer aujourd’hui. Le silence de ces journées de pèlerinage est fécond, pour qui sait y entrer. Il est plein de Dieu. Il donne ensuite le courage de témoigner de la vérité, de professer la foi sans peur et sans complexe.
Propos recueillis par Pierre Saint-Servant

21 mai 2017

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Consécrations Accomplies

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 20 mai 2017

L’Eglise séculaire ne peut périr.
Quand les hommes feront sans faiblir
Comme Notre-Dame a demandé,
Ils verront sa promesse se réaliser
Grâce, sans doute en partie, aux prières de nos lecteurs, les deux Consécrations, celle de Mgr Zendejas et celle de la Russie, se sont bien déroulées, les 11 et 12 mai respectivement à Vienne, en Virginie, aux États-Unis. Le 11 mai, la météo n’était pas brillante : il tombait des trombes d’eau. Mais la tente, parfaitement étanche, abritait environ 500 personnes venues de tous les États-Unis, quelques-unes d’encore plus loin. Le 12 mai, le temps s’est un peu rétabli pour la première Messe Pontificale du nouvel évêque, et pour la Consécration de la Russie devant une assemblée à peine plus réduite que la veille.

Nous avons tout particulièrement à remercier l’abbé Ronald Ringrose, curé Traditionnaliste de Vienne, car c’est sur sa paroisse que cette double Consécration a pu avoir lieu. Depuis plus de 30 ans, ce prêtre a maintenu la paroisse St Athanase, située à proximité de la capitale des États-Unis, comme un bastion de la Tradition catholique. Performance remarquable par ces temps si troublés dans l’Église catholique. “Ad multos annos”, dit notre Mère l’Église à ses fidèles serviteurs – Puisse l’apostolat de l’abbé Ringrose prospérer encore de nombreuses années.

Pour ce qui est du but et la portée de ces deux Consécrations, il importe d’être à la fois modeste et clair. Depuis Vatican II (1962–1965), lorsque les clercs catholiques firent en masse leur soumission au libéralisme (le culte de la liberté) et au modernisme (l’adaptation de l’Église de Dieu au monde moderne sans Dieu), l’Église s’est trouvée confrontée à de sérieux problèmes. En 1970, Monseigneur Lefebvre créa la Fraternité Saint-Pie X pour servir d’éclairage de secours à cette Église qui s’enténébrait. Mais voilà que ceux qui lui ont succédé à la tête de la Fraternité font tout ce qui est en leur pouvoir pour éteindre cet éclairage de secours. La consécration de Monseigneur Zendejas peut être comparée, modestement, à une bougie qu’on allume, ou à une allumette dont la lueur perce l’obscurité toujours plus épaisse. Il n’y a là aucune ambition de sauver ou de convertir la Néo-Eglise ou la Néo-Fraternité.

Ces consécrations visent plutôt de contribuer à sauver la Foi ancestrale qui reste au cœur de l’Eglise véritable et de la vraie Fraternité. En exerçant son ministère principalement aux États-Unis, quoique sans juridiction territoriale de nature officielle, Monseigneur Zendejas contribuera à soutenir bien des âmes qui ont la vraie Foi et qui veulent la garder. Au cas où quelque chose arriverait aux avions, on pourra toujours le rejoindre en voiture ou en train à partir de n’importe quel coin d’Amérique du Nord. Nous avons en lui un évêque relativement jeune, doté de la plénitude de l’Ordre, certainement valide, ce qui lui confère le pouvoir de confirmer ou d’ordonner, avec ou sans condition. Et il est, par la grâce de Dieu, au moins pour l’instant, lucide et sain d’esprit – en anglais, le mot « sanity » contient les trois quarts des lettres du mot « sanctity ». “ Prions pour qu’il demeure sain d’esprit pour de nombreuses années, ou du moins, jusqu’à ce qu’un pape véritablement catholique rallume les lumières dans l’Eglise. A ce moment-là, Monseigneur Zendejas remettra son épiscopat entre les mains de la Rome catholique, laissant le pape en faire ce qu’il lui plaira. En attendant, puisse notre nouvel évêque être comme une bougie qui brille dans les ténèbres ; qu’il soit une référence pour toute âme cherchant la Vérité complète et sans compromis.

Quant à la Consécration de la Russie, les quatre évêques présents y ont procédé la veille du centenaire de la première des grandes apparitions de Notre-Dame à Fatima. Ce faisant, ils n’ont point eu la prétention de remplacer la Consécration que le Pape en personne et les évêques du monde entier doivent faire pour accomplir ce que Notre-Dame a demandé. Ils ont été simplement animés par l’espoir qu’en faisant ce qui dépendait d’eux, avec le soutien de toutes les personnes présentes, ils pourraient contribuer à obtenir du Ciel les grâces nécessaires pour que le pape accomplisse enfin la Consécration de la Russie, exactement comme Notre-Dame l’a exigée depuis si longtemps. Cette Consécration finira bien par se faire, puisque Notre-Seigneur l’a dit en 1931. Alors, adviendra le Triomphe du Cœur Immaculé, si nécessaire et si longtemps retardé.

Kyrie eleison.